Café Philo: Simone de Beauvoir, l’icône féministe

Simone de Beauvoir: l'icône féministe

Café Philo (débat)

French author and existentialist Simone de Beauvoir has had a considerable influence on feminist theory and gender studies around the world. Her landmark book, considered the Bible of the feminist movement, The Second Sex (1949) will soon be translated again in Hindi by Monica Singh, with the support of our PAP Tagore programme.

2020 marks the first publication in France of Simone de Beauvoir’s The Inseparables. This captivating unpublished novel from 1954 tells the first passionate and tragic friendship between two rebellious young girls, Simone de Beauvoir & Zaza. Simone de Beauvoir’s adopted daughter, Sylvie Le Bon de Beauvoir, had discovered this manuscript in Beauvoir’s private archives. 

Beauvoir referred to women as the Second Sex because they always seemed to be defined in relation to men.

In the context of the Generation Equality Forum, the French Institute is conducting a debate to revisit the impact of Beauvoir’s works through three generations, represented by:

    • Sylvie Le Bon de Beauvoir, Philosopher and Simone de Beauvoir’s adopted daughter,
    • Divya Dwivedi, Philosopher,
    • Marine Rouch, Historian, PhD student in contemporary history (FRAMESPA),
    • Aditi Maheshwari, Publisher at Vani Prakashan,
    • Monica Singh, the Hindi translator of The Second Sex.

Moderator: renowned Indian translator and Associate Professor of Creative Writing at Ashoka University, Mr. Arunava Sinha.

Date & Time : 30th June, 6:30 pm
Live Zoom Webinar – Discussion in English
Format : debate followed by a 15-minute Q&A session. The debate will be punctuated by readings of letters sent to Simone by her readership.

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Ecrire à Simone de Beauvoir pour exister : le courrier de ses lectrices

par Marine Rouch

« Vous êtes l’étoile d’espérance qui luit à travers les frontières, au-dessus des chœurs lugubres de tant de voies [sic] de femmes malheureuses, maltraitées et méprisées » (27 septembre 1958). Cette phrase d’une lectrice de 1958, résume les espoirs que des milliers de femmes ont fondés sur Simone de Beauvoir.

L’écrivaine a reçu près de 20 000 lettres entre 1943, année qui marque le début de sa carrière littéraire avec la publication de son roman L’Invitée, et 1986, année de sa mort. Quand elle publie Le Deuxième Sexe en 1949, c’est le scandale. Le monde intellectuel s’insurge ; François Mauriac, alors figure intellectuelle française centrale, lance une enquête dans Le Figaro littéraire sur la déchéance de la littérature. Mais dans les lettres reçues, point d’indignation. Du soulagement plutôt, de la reconnaissance même… et de l’espoir. Mais le livre est encore trop théorique, difficile d’accès pour des femmes – et des hommes – qui n’ont pas l’habitude de telles lectures. Dix ans plus tard, en 1958, Simone de Beauvoir publie le premier tome de ses Mémoires, Mémoires d’une jeune fille rangée. Il est suivi de La Force de l’Age en 1960 et de La Force des Choses en 1963. Le bloc autobiographique est alors considéré par les femmes comme une « œuvre-mode-d’emploi », comme la démonstration tant attendue de la philosophie du Deuxième Sexe.

Ainsi, les lettres de lectrices permettent de dévoiler un processus long et douloureux d’appropriation de l’œuvre beauvoirienne par les femmes et ce, avant même que les mouvements féministes des années 1970 ne viennent relayer les thèses du Deuxième Sexe. Les années 1950 et 1960 deviennent alors le théâtre de la constitution d’un espace collectif par les femmes, avec pour objectif de comprendre et de partager une expérience commune.

Je souhaite par mes recherches, redonner voix à celles qui ont souhaité témoigner de leur condition auprès de Simone de Beauvoir. Dans ce fonds, on croise celles qui luttent pour concilier leur vie professionnelle avec leur vie privée ; celles, mères au foyer, qui sont épuisées par la répétitivité des tâches ménagères et en manque de reconnaissance de la part de leur proche entourage et de la société en général ; celles encore, rabaissées par leur mari, qui cherchent à tout prix à divorcer à une époque où le poids des traditions a encore bien trop lourd… Toutes trouvent dans l’écriture – littéraire ou celle plus intime d’une lettre à Simone de Beauvoir – un moyen de réfléchir à leur condition. Écrire pour exister, voilà le credo de ces femmes.

Beaucoup de lettres font écho à nos expériences contemporaines malgré une évolution contextuelle indéniable. Simone de Beauvoir touche encore, aide encore. Les lettres qu’elle a reçues de son vivant sont un formidable moyen de (re)découvrir son œuvre.

Letter to Simone de Beauvoir

Première page de la première lettre de Colette Avrane à Simone de Beauvoir. Reproduite par la BnF avec l’accord de Colette Avrane et de Sylvie le Bon de Beauvoir.  Cette lettre a par ailleurs été publiée en intégralité dans Marine Rouch, « ‘Vous ne me connaissez pas mais ne jetez pas tout de suite ma lettre‘. Le courrier des lecteurs et lectrices de Simone de Beauvoir », dans Françoise Blum (dir.), Genre de l’archive. Constitution et transmission des mémoires militantes, Paris, Codhos, 2017, p. 93-108.)

On The Inseparables

by Sylvie Le Bon de Beauvoir

Simone de Beauvoir - the InseparablesParmi les archives que m’a confiées Simone de Beauvoir, en m’adoptant comme héritière littéraire, figurent de nombreux manuscrits inédits, dont une nouvelle qu’elle a laissée sans titre, celle qui est devenue Les inséparables. Elle m’a donné des lignes directrices pour la gestion de ce fonds. Un écrivain peut avoir ses raisons de ne pas publier immédiatement un texte : mais s’il ne le détruit pas, c’est que peut-être il compte le reprendre, le corriger, pour le rendre public, même longtemps après, comme l’a fait Simone de Beauvoir elle-même qui en 1979, avec quarante ans de distance, a publié Quand prime le spirituel, qui date de 1938. Après sa mort la perspective change. Avec cette longue nouvelle, je me suis trouvée devant une œuvre achevée, que Simone de Beauvoir avait conservée, qu’elle avait même fait dactylographier. Une œuvre de valeur qui méritait d’exister par elle-même. Longtemps accaparée par d’autres éditions, je n’ai pu m’y consacrer qu’en 2020. Un titre s’est vite imposé : j’ai choisi un terme-leitmotiv qui hante ses pages.

Simone de Beauvoir l’écrit en 1954. Elle vient de consacrer quatre années à un vaste roman, Les Mandarins, qui lui a valu le prix Goncourt, et elle désire rompre avec la fiction, au profit de l’autobiographie. Depuis longtemps en effet elle rêve de ressusciter son enfance et sa jeunesse. Mais étrangement, malgré elle, sa plume dévie : elle centre le récit, non sur l’écriture de soi souhaitée, mais sur l’évocation transposée du destin de sa grande amie de jeunesse Élisabeth Lacoin, dite Zaza. Ainsi elle se retrouve encore entraînée dans le genre de la fiction, ce qui explique son insatisfaction et qu’elle ait écarté ce texte. Elle va alors se lancer sans détour dans la rédaction des Mémoires d’une jeune fille rangée (1958), premier tome de sa grande entreprise autobiographique.

La tragédie de la mort brutale de Zaza, à 21 ans, a marqué Simone de Beauvoir et elle n’a eu de cesse de rendre justice à son amie. Au moment où elle-même s’émancipait, conquérait sa liberté et s’élançait vers l’avenir, Zaza, au lieu de l’y accompagner, s’anéantissait. Ailleurs elle a confié : « L’assassinat de Zaza par son milieu a été pour moi une expérience bouleversante et inoubliable ». Une expérience qui a certainement contribué à fonder son entreprise philosophique de démystification, et à la prise de conscience féministe de la future autrice du Deuxième sexe. Zaza est morte parce que, comme à tant d’autres femmes de son temps mais aussi d’aujourd’hui, on ne lui a pas permis de devenir elle-même. Le succès international rencontré par Les Inséparables s’explique par les diverses résonnances, tendres et profondes, que cette œuvre déclenche chez les lecteurs. Pour certains c’est une initiation, la découverte de Simone de Beauvoir, pour d’autres un document passionnant. Je suis heureuse qu’elle serve à confirmer le rayonnement de Simone de Beauvoir.

Invitées

Sylvie Le Bon Simone de Beauvoir

Sylvie Le Bon de Beauvoir

Sylvie Le Bon de Beauvoir was born in Rennes on 19th January 1941, where she studied until her baccalaureate, which she continued in Paris. She studied at the École Normale Supérieure de Sèvres and was awarded the agrégation in philosophy. She met Simone de Beauvoir, to whom she had written, in November 1960. Intimately linked for twenty-six years, they travelled together every year, before meeting Sartre in Rome. Their relationship is evoked in Tout compte fait that Simone de Beauvoir dedicated to her. She adopted Sylvie le Bon in 1981.

Sylvie Le Bon de Beauvoir was part of the team of the magazine Les Temps modernes until 1991.

Since 1986, she has published many unpublished works of the writer : Lettres à Sartre, Journal de guerre (1990), Lettres à Nelson Algren, un amour transatlantique (1997), Correspondance croisée entre Simone de Beauvoir et Jacques-Laurent Bost (2004), Cahiers de jeunesse (2008), Les inséparables (2020). She collaborated on Cahier de L’Herne n° 100 dedicated to Simone de Beauvoir in 2012 and is part of the editorial team of the Bibliothèque de la Pléiade which published two volumes of Memoires in 2018 for Éditions Gallimard. She is currently planning other publications of unpublished works.

Divya Dwivedi Simone de Beauvoir

Divya Dwivedi

Divya Dwivedi is a philosopher based in the subcontinent. She is an associate professor at the Indian Institute of Technology, Delhi where she teaches Philosophy and Literature. Her works have been concerned with the ontology of the literary, the formality of law, the literary, postcolonial racisms, political concepts, and speed. Dwivedi is the co-author with Shaj Mohan of Gandhi and Philosophy: On Theological Anti-Politics (Foreword by Jean-Luc Nancy; Bloomsbury, 2019). She is the editor of the journal Philosophy World Democracy . Dwivedi has recently edited “L’Inde: Colossale et Capitale,” a special issue of Revue Critique (no. 872-873, 2020) and a special issue of Revue des femmes philosophes (“Intellectuels, Philosophes, Femmes en Inde: des espèces en danger”, 2017). She is also the co-editor of Narratology and Ideology (Ohio State University Press, 2018) and Public Sphere from outside the West (Bloomsbury Academic, 2015).

Marine Rouch Simone de Beauvoir

Marine Rouch

Marine Rouch first discovered Simone de Beauvoir while reading The Second Sex in 2014 when she was an undergraduate student of history. It was a revelation, both on a personal and academic level. She then wanted to better understand the influence of the famous essay on women in the 1950s, 60s and 70s. But she also draws on Beauvoir’s work, on an almost daily basis, for her own personal trajectory.

Simone de Beauvoir in Hindi

Aditi Maheshwari

Aditi Maheshwari-Goyal holds a masters degree in English literature, Business Management (Strathclyde Business School, Scotland) and M.Phil. degree in Social Sciences. She heads the Department of Copyrights and Translation at Vani Prakashan Group and is the Managing Trustee at Vani Foundation. She teaches publishing and editing at the University of Delhi and Seagull School of Publishing, Kolkata. She is an advisor to Jaipur BookMark- south Asia’s largest publishing platform. She also manages the award secretariat of Vani Foundation Distinguished Translator Award.

Arunava Sinha

Arunava Sinha

Arunava Sinha translates classic, modern and contemporary Bengali fiction and nonfiction into English, and from English into Bengali. Over fifty of his translations have been published so far. Twice the winner of the Crossword translation award, for Mani Sankar Mukherji’s Chowringhee (2007) and Anita Agnihotri’s Seventeen (2011), respectively, and the winner of the Muse India translation award (2013) for Buddhadeva Bose’s When The Time Is Right, he has also been shortlisted for The Independent Foreign Fiction prize (2009) for his translation of Chowringhee and longlisted for the Best Translated Book award, USA, 2018 for his translation of Bhaskar Chakravarti’s Things That Happen and Other Poems. Besides India, his translations have been published in the UK and the US in English, and in several European and Asian countries through further translation. He is the editor of the Library of Bangladesh, a series of Bangladeshi fiction translated into English from Bengali, and of the Book of Dhaka, a collection of short stories from Bangladesh translated into English. He has conducted translation workshops at the British Centre for Literary Translation, UEA; University of Chicago; Dhaka Translation Centre; and Jadavpur University. He is an associate professor of practice in the Creative Writing department at Ashoka University.

About the editor

Vani Prakashan Group

Vani Prakashan Group is a 57 years young independent publishing group dedicated to publish best of Indian language and literature, especially in Hindi and English. Vani Prakashan's list includes 32 Sahitya Akademi awarded books and authors, 9 Nobel laureates translated into Hindi and 24 other major awarded writers and books.